Revue de presse
L’opposition combattra la limite de 0,05
L’opposition parlementaire annonce qu’elle se battra bec et ongles contre la mesure préconisée par la ministre des Transports, Julie Boulet, de ramener la limite légale d’alcool dans le sang pour conduire un véhicule de 0,08 à 0,05.
«Nous doutons de l’efficacité de cette mesure. Le gouvernement ne frappe pas à la bonne place», a mentionné la députée péquiste de Québec, Agnès Maltais.
Selon cette dernière, «les policiers peinent à suffire à la tâche pour faire imposer l’interdiction du cellulaire au volant. Attendons de connaître les résultats des mesures mises en place au cours des derniers mois. Là, on va trop loin.»
Même si le gouvernement dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale, Mme Maltais croit que l’opposition pourra le faire plier. «À la dernière session parlementaire, il y a quelques projets de lois qui ont été plus ou moins retirés ou remaniés. C’est le cas du projet de loi 16 sur les accommodements raisonnables (Loi favorisant l’action de l’Administration à l’égard de la diversité culturelle), celui sur la réforme de l’éducation ou sur les forêts.»
Les auditions publiques de la Commission des transports et de l’environnement démarrent le 10 février au moment de la reprise des travaux parlementaires.
La consultation autour du projet de loi 71 vise à faire adopter, d’ici le printemps 2010, quatre mesures dont celle décriée par l’opposition.
Il est également question d’interdire aux automobilistes de 21 ans et moins d’avoir une seule goutte d’alcool dans l’organisme. Des sanctions plus sévères sont prévues pour contrer les courses de rues et le car surfing.
Comme au PQ, les adéquistes comptent s’opposer au 0,05.
«On ne s’attaque pas à la bonne cible, a avancé le député de Beauce-Nord, Janvier Grondin. Les policiers nous disent eux-mêmes qu’ils ne sont pas assez nombreux pour attraper des gens qui sont à 0,12, 0,16 ou 0,20. Je ne suis pas un spécialiste, mais c’est bizarre qu’on parle d’alcool dans le projet de loi, mais qu’il n’y ait pas un mot sur le pot et les pilules que les jeunes consomment et qui peuvent être autrement plus dangereux.»
S’il admet que «personne n’est contre le fait de sauver des vies», M. Grondin ajoute que «c’est rendu que le gouvernement ne se trouve pas très loin de la chambre à coucher des gens».
Même position chez les deux anciens députés adéquistes qui siègent désormais comme indépendants.
«Ramener ce sujet maintenant vise à détourner l’attention d’une question plus importante, la commission d’enquête publique (sur le secteur de la construction)», croit Éric Caire.
Marc Picard se demande, quant à lui, «comment un gouvernement peut-il décider d’abaisser la limite permise à 0,05 lorsqu’il ne prend pas les mesures pour contrer le phénomène des récidivistes qui franchissent allègrement le 0,08. Cette décision a pour but de collecter des amendes auprès des fautifs.»
En annonçant que le gouvernement faisait sienne la mesure proposée par la Table québécoise de la sécurité routière, la ministre Julie Boulet a assuré que l’abaissement à 0,05 permettrait d’éviter de 40 à 45 décès sur les routes annuellement.





