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Bilan de session des députés indépendants – D’un scandale à l’autre, le gouvernement a refusé de gouverner
Faisant le point sur la session parlementaire, les députés indépendants de La Peltrie et de Chutes-de-la-Chaudière, Éric Caire et Marc Picard, constatent que cette session se termine comme elle a commencé, c’est-à-dire par des rapports qui font état de scandales, le gouvernement ayant dans ce contexte préféré faire primer les considérations partisanes sur les intérêts collectifs.
Responsabilité des sous-ministres du ministère des Transports depuis 2003 concernant l’attribution des contrats
À la suite des révélations du rapport Duchesneau selon lesquelles des fonctionnaires du ministère relayaient depuis des années des informations confidentielles aux entrepreneurs et aux firmes d’ingénieurs pour les aider à obtenir des soumissions, les députés Éric Caire et Marc Picard, ont tenté d’obtenir, à plus d’une reprise, des précisions de la part du ministre à ce sujet.
Non seulement ce dernier est-il demeuré muet sur la question, mais il a en plus refusé que trois anciens sous-ministres en titre comparaissent devant la Commission des finances publiques, comme le demandaient messieurs Picard et Caire. Pourtant, lors de sa comparution en commission parlementaire, Jacques Duscheneau a reconnu que « (…) depuis 30 ans le crime organisé était en train de s’installer (…) » et qu’il est à peu près impossible qu’un système comme celui-là se mette en place sans que les autorités compétentes au ministère du Transport n’en aient connaissance. « Ce manque de transparence de la part du ministre des Transports n’est qu’une illustration supplémentaire de l’entêtement dont a fait montre le gouvernement au cours des deux dernières années à l’égard des allégations de collusion et de corruption dans le secteur de la construction. Visiblement, le ministre des Transports n’a tiré aucune leçon des derniers mois », ont-ils souligné.
Les députés indépendants ont, par ailleurs, soulevé d’autres sujets qui préoccupent les Québécois et pour lesquels ils n’ont malheureusement pas obtenu les réponses souhaitées.
Déficit actuariel des régimes de retraite des employés municipaux
Ayant été le premier parlementaire à lever le voile sur les compensations versées aux villes par le gouvernement pour combler les déficits actuariels des régimes de retraite des employés municipaux, le député de Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, a déploré, une fois de plus, le laxisme du ministre des Affaires municipales qui se limite à créer des comités de travail. « Cela ne suffit plus. Toutes les grandes villes du Québec réclament une solution leur permettant de répondre adéquatement au déséquilibre de leurs caisses de retraite. Le fardeau croissant de ces régimes de retraite constitue une bombe à retardement pour les contribuables québécois, et le ministre continue de se traîner les pieds », de déclarer Marc Picard.
Santé : méthode désuète de financement et retards en télémédecine
À l’instar de la session dernière, le député de La Peltrie, Éric Caire, est revenu à la charge sur cette question du financement, en révélant que le Conseil du trésor exerce des pressions pour que le ministère de la Santé abandonne la méthode dite historique de financement des établissements du réseau de la santé. Soulignant que le gouvernement du Québec est de plus en plus isolé dans son entêtement à refuser ce qui est une tendance mondiale, Éric Caire déplore que le ministre de la Santé et des Services sociaux mène une bataille d’arrière-garde et refuse d’apporter les changements que la situation requiert.
Dans la même veine, Marc Picard a rappelé que si le Canada se classe en tête parmi les pays de l’OCDE en matière de médecine à distance, le Québec se situe, quant à lui, à la queue du peloton au Canada avec une dizaine d’interventions annuelles par 10 000 habitants, la moitié moins qu’en Nouvelle-Écosse, 10 fois moins qu’au Nunavut et 40 fois moins qu’en Ontario. Là encore, le ministre de la Santé et des Services sociaux nie les faits et continue de prétendre que tout va pour le mieux.
Aux yeux des deux députés indépendants, il est clair qu’à l’exception de la loi sur l’élimination du placement syndical, le gouvernement libéral a fait le choix de ne pas gouverner et de placer ses intérêts partisans au-dessus des priorités collectives. « S’ils avaient un minimum de respect pour les Québécois, les libéraux se comporteraient en gouvernement responsable pour le temps qui reste avant la prochaine élection générale et poseraient les gestes qui s’imposent, tant en matière de financement de la santé qu’à l’égard des régimes de retraite », de conclure messieurs Picard et Caire.




